QUE PEUT-ON CACHER DANS UN PUITS?

L’espionnage des journalistes, les plus crédibles au Québec. Existe-t-il un seul communicateur au Québec qui n’a pas été scandalisé par cette atteinte grave à la liberté de la presse, à la démocratie et à la vérité tout court.

Les médias et les communicateurs sont structurellement en opposition dans beaucoup de situations. Ils sont des frères ennemis qui partagent tout de même une passion pour la communication.

Mais tous s’entendent pour défendre le droit du public à une information libre, éclairée et impartiale. L’histoire nous rappelle que la première mesure d’un régime dictatorial est de juguler la liberté de la presse et c’est vrai de Napoléon à Adolf.

Ça débute par quelques petits mandats d’écoute des cellulaires des journalistes dérangeants et ça finit par une mainmise et un contrôle total sur l’information. La justice et la police sont tellement encadrées dans leurs pratiques que ces règles qui les régissent nuisent parfois à leur quête de la vérité. On a vu des assassins avérés remis en liberté pour des délais de procédure…

Les pouvoirs politiques et judiciaires, ainsi que les policiers, travaillent en bonne intelligence. Mais avec les maudits journalistes, c’est carrément plus difficile de s’entendre. Ils sont les seuls électrons libres de notre société. Dans les dix dernières années, combien d’affaires de mauvaise administration, de magouilles, de malversation, de trafic d’influence, de détournements de fonds publics, de scandales, de rénovations coûteuses et de « crossettes » en tout genre ont été mises au jour par les médias.

Les médias sont la seule et véritable voie du peuple contre les abus de ses dirigeants. Avec le faible taux de participation aux urnes et la segmentation des partis, la pression spontanée et directe des citoyens, c’est les médias. J’inclus naturellement dans cette classe les réseaux sociaux, mais ils n’ont pas encore la structure ni les moyens des médias traditionnels pour débusquer le mensonge.

Nous avons entendu à la Commission Chamberland les chantres du pouvoir judiciaire et les avocats représentant les accusés tenter de discréditer les journalistes qui témoignaient devant cette Commission en les questionnant sur leurs méthodes de travail, leurs connaissances, etc. J’adore la procédure qui consiste à asseoir la victime sur le banc de l’accusé pour discréditer sa position. Il faut reconnaître que le commissaire Chamberland a empêché les avocats, en contre-interrogatoire, de varloper les journalistes en ne permettant pas qu’on discute de leurs méthodes de travail. Il ne s’agissait pas du procès de la presse… Ostie!

Ce n’est pas un hasard si certains policiers se sont attaqués à ce qu’il y a de plus solide en termes de journalistes au Québec. Les meilleurs mais aussi les plus dangereux, les plus habiles et les plus honnêtes. Si vous leur enlevez la confidentialité de leurs sources, vous tuez toutes possibilités d’enquêtes sérieuses, d’informations éclairées et vous assassinez notre liberté d’expression.

Que peut-on trouver dans un puits?

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